Nantes : «Non à un nouveau stade !»
Presse Océan - 9 février 2009
"Quand les Nantos-Nantais auront une solution à proposer, je l'examinerai. En attendant, qu'ils se débrouillent entre eux... ». Roselyne Bachelot, ministre de la Jeunesse et des sports, le dit avec le sourire. « De cette histoire de nouveau stade à Nantes », « des souhaits de Waldemar Kita », elle a entendu parler, « bien sûr ! ». Mais dans cette affaire, le gouvernement botte en touche. « De toute façon, notre stade est très bien comme il est, non ? », commente, à voix basse, le
préfet, Bernard Hagelsteen.
Le patron du FCN ne partage pas ce point de vue. Et la semaine dernière, il l'a encore fait savoir. À l'heure des dépôts de candidatures à l'Euro 2016, le président Kita a des envies de plus beau et de plus grand. Il rêve d'un nouveau stade de 55 000 places, pourquoi pas à la même adresse.
« La Beaujoire est vétuste »
L'appel avait déjà été lancé dans nos colonnes il y a un an. Waldemar Kita occupait alors son fauteuil nantais depuis six mois : « Âgée de 25 ans, la Beaujoire est vétuste [...] J'aimerais bien avoir des loges tout autour du stade. Mais y a-t-il possibilité de le transformer en un équipement moderne et fonctionnel ? Sinon, pourquoi ne pas envisager la construction d'un nouveau stade ? C'est là un calcul à long terme qu'il faut bien envisager ».
En attendant, les deux premières affiches de l'année 2009, pourtant clinquantes (Bordeaux, PSG), n'ont pas attiré plus de 30 000 supporters à Louis-Fonteneau. Et en moyenne, le taux de fréquentation ne devrait pas dépasser pas les 25 000 entrées cette saison.
Raser la Beaujoire ? Cette seule hypothèse a fait réagir, bondir même. Mais « il s'agit d'un malentendu », tient à réagir Pascal Praud, directeur délégué du club. « Jamais le président n'a dit que les Nantais devraient supporter le coût de ce projet. Nous sommes dans une période de réflexion. Mais les architectes nous disent que procéder aux aménagements nécessaires coûterait aussi cher que de construire une Beaujoire 2... »
« Les priorités sont ailleurs... »
« Hors de question ! » répète la Ville, aujourd'hui propriétaire de l'infrastructure. « Une étude a été lancée par la mairie (ses résultats devraient être connus fin avril, ndlr), parallèlement à celle lancée par le club pour envisager une mise en conformité du stade », indique Marie-Françoise Clergeau, élue chargée des sports à la mairie de Nantes. « La Beaujoire a besoin d'évoluer, certes, mais quand je découvre dans la presse que le président Kita dit qu'il faut un nouveau stade à 300 millions d'euros et que ce n'est pas lui qui paiera, je ne trouve pas ça correct ! D'autant que ça n'a jamais été évoqué avec la mairie. Dans la situation financière où l'on se trouve, j'ai l'impression que les priorités sont ailleurs... ».
Anne-Hélène Dorison
Kita taille la Beaujoire
AFP - 3 février 2009
Waldemar Kita, président de Nantes, a tiré mardi la sonnette d'alarme concernant le stade de la Beaujoire. «Je ne fais pression sur personne, je tire simplement la sonnette d'alarme. Si on ne fait rien, Nantes ne sera pas retenu dans les stades à même d'accueillir l'Euro 2016», a déclaré M. Kita lors d'un point presse. Plutôt qu'une rénovation, le dirigeant nantais souhaite construire un nouveau stade à la place de l'enceinte actuelle dont la capacité (35 000 places) et la vétusté sont à ses yeux un handicap pour le développement du club : «
A chaque fois que l'on a voulu faire du neuf avec du vieux, cela n'a jamais marché. Je ne dis pas, il faut construire un nouveau stade (...) j'ai peur que la rénovation du stade de la Beaujoire réclame du temps et coûte très cher».
Si le FCN n'a pas l'intention de supporter le poids du financement d'un nouveau stade, laissant cela à l'Etat et aux collectivités locales, il est cependant prêt à signer un bail emphytéotique avec Nantes.