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 La découverte ou l'ignorance...

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Breizhcymru

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MessageSujet: La découverte ou l'ignorance...   Ven 28 Sep 2007 - 21:35

RÉTRO-FICTION

J'ai imaginé ce texte, basé sur des faits historiques, pour que chacun d'entre nous vive avec la volonté de voir un jour ce rêve se réaliser.

Un jour, la Bretagne finira par trouver sa place.


« BRETAGNE 1969, RENAISSANCE D’UN FOOTBALL »

« La saison de football en France vient de s’achever par le triomphe de la Bretagne » écrit l'hebdomadaire France Football en juin 1965. « Jamais un club breton n’avait enlevé un titre national, Coupe ou Championnat. Et, d’un seul coup, ils enlèvent les deux ! On pourrait se demander si c’est par pure coïncidence ou si la réussite de Nantes a provoqué, par émulation, celle de Rennes. » Pour son supplément de juin, le Football Magazine, « Le football français a vécu, cette saison, à l’heure bretonne. » Et Jacques Ferran de surenchérir dans ses lignes : « Que nous apporteront, la saison prochaine, en Coupe d’Europe et en Coupe des Coupes nos représentants bretons : Nantes et Rennes ? » En 1964-66, le football breton fait feu de tout bois : Nantes et Rennes viennent de rafler trois trophées en deux ans, Nantes ratant même un doublé, Lorient passe pro en 1967, Brest et Quimper sont des places fortes du CFA, même si la Mairie de Brest ne soutient pas la cause du professionnalisme, défendue par l'AS Brestoise.

Le 1er septembre 1966, le chef de l'Etat français, le Général de Gaulle, s'était rendu à des milliers de kilomètres de la Bretagne, au Cambodge, ex-colonie française, pour prononcer un discours dans lequel il demandait sans broncher aux Etats-Unis, concernant le Vietnam, autre ex-colonie française, de redevenir « Le champion de la conception suivant laquelle il faut laisser les peuples disposer à leur façon de leur destin. » Les « Accords d'Evian » mettant fin à la guerre d'Algérie ne sont alors vieux que de quatre ans. La toute jeune Union Démocratique Bretonne (UDB) s’affiche sur les murs de Bretagne avec le slogan « Si la langue bretonne meurt c'est l'état français qui sera l'assassin » en réponse à la campagne publicitaire hexagonale de l'Alliance Française, « Si la langue française meurt nous sommes tous des assassins. »

L'été suivant, le 24 juillet 1967, durant les vacances des footballeurs, le Général de Gaulle lance du haut du balcon de l’hôtel de ville de Montréal son très explosif « Vive le Québec… libre ». L’association Ar Vrezhoneg er Skol lance alors des pétitions pour l’enseignement du breton à l’école mais n’obtient qu’une réponse surréaliste : « Vous invoquez l'exemple québécois. Mais à quel titre ? Est-ce qu'on vous empêche, vous, de parler français ? ». Et les forces de l’ordre de l’Etat Français de continuer, vingt ans après leur « chasse » aux Juifs, de faire une « chasse verbalisatrice », commencée il y a plusieurs années, aux Bretons qui collent le signe « Bzh » à l’emplacement international de leur plaque minéralogique, à l’arrière de leur voiture… Pour la liberté de la presse, il faut aussi repasser : en avril 1968, victime du gaullisme, « Bretagne Magazine », jugé trop « virulent », doit fermer ses portes… Un an plus tôt, en avril 1967, la virulence n’avait pas été de mise quand arriva, sur les côtes du Tregor, une gigantesque nappe de pétrole issue des soutes du « Torrey Canyon », inaugurant la sinistre série des marées noires en Bretagne.

C’est en 1967 que certains anciens footballeurs bretons fondent l'Union des Footballeurs Bretons (UFB), ouverte aux pros, ex-pros puis aux amateurs du CFA. Pour beaucoup, la création de la Ligue Atlantique de Football, le 10 janvier 1967, qui coupe la Loire-Atlantique du reste du football breton, n'est pas acceptable. L'Assemblée Générale de la LOF du 28 mai 1967 y voit siéger pour la dernière fois les représentants de la Loire-Atlantique. Pour d'autres, la victoire de l’Ecosse sur l’Angleterre à Wembley, le 11 avril 1967, a fait germer cette idée d’Union qui va profondément s’enraciner.

Des contacts se nouent de l’autre côté de la Manche, contacts que l’UFB devra développer aux forceps avec les fédérations celtiques (et l’Angleterre) dont elle entend s’inspirer. Et puis, une rencontre va renforcer les convictions qui pourraient faire basculer le destin du football breton, qui compte parmi les dix premiers au monde pour son nombre de licenciés au km².

En février 1968, l'embryonnaire Union des Footballeurs Bretons a réussi à rencontrer un homme lui même pour l'instant inconnu en France : Le Dr Jean-Marie Faustin Godefroid de Havelange, dit João, avocat et président de la Confédération Brésilienne des Sports. De passage à Paris, ce dernier vient de proposer à la Fédération Française de Football (FFF), le 6 février, un match France–Brésil, pour juin 1968. Mais la FFF refuse l'offre, arguant des difficultés du calendrier et de l'état du Parc des Princes... En tournée en Europe du 16 au 25 juin, le Brésil ira jouer contre l'Allemagne fédérale, la Pologne, la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie. A cette époque où les pays africains et asiatiques adhèrent en masse à la FIFA, Havelange a déjà une idée fixe : postuler à la présidence de la fédération mondiale.

Pour lui, un vote breton, qui à cette heure là est totalement invraisemblable, serait une précieuse voix de plus vers son rêve de présidence, c'est aussi simple que cela. Il dit bien connaître la Bretagne et semble comprendre son aspiration. C’est de la diplomatie à l'état pur, mais une voix est une voix et qui ne tente rien n'a rien. Pour cela notamment, il va réinviter les Français, cette fois ci à un tournoi international de portée mondiale qu'il songe organiser au Brésil dans quelques années et leur promettra de les soutenir dans l'organisation d'une prochaine Coupe du Monde. Deux voix au lieu d'une, tout compte fait… si les Bretons savent forcer leur destin.

Cette première porte entre ouverte, l’Union des Footballeurs Bretons organise d'abord un vote à l'attention des pros en exercice. Son but : « 1) la réunification le football breton, 2) la sous représentation des footballeurs bretons, réservoir sous utilisé voire laissé à l’abandon. Donc, donner au football breton, à l'instar du pays de Galles, un débouché direct vers l'extérieur. » Pour ce faire, l’UFB enfonce le clou : « Seuls Thépot et Penverne ont participé chacun à deux coupes du monde, une maigre poignée de joueurs sont devenus internationaux… Plusieurs dizaines d’internationaux de par le monde ont déjà, avec de petits pays comme l’Uruguay, le Paraguay, la Suisse, la Suède, l’Ecosse, le pays de Galles et l’Irlande du nord, joué la coupe du monde. Pourquoi pas la Bretagne ? ». Guidés par une clique aussi visionnaire que convaincante, les professionnels bretons votent à 95% pour le programme de ce qui devient leur UFB…

Le football français, quant à lui, en est à sa énième gueule de bois après l'élimination de l'équipe de France des 1/4 de finale du championnat d'Europe des Nations, le 24 avril 1968, battue 5-1 par la Yougoslavie. Le 22 mai 1968, suivant les modèles étudiants et ouvriers, des footballeurs parisiens se lancent dans l’occupation du Siège de la FFF. Un petit comité se barricade donc au 60bis Avenue de Iéna, y plante le drapeau rouge et affiche sur la façade de cet immeuble cossu le slogan « Le Football aux footballeurs » et « La Fédération, propriété des 600.000 footballeurs. »

Ils dénoncent notamment la soumission des dirigeants de la FFF au pouvoir politique, les pratiques autoritaires héritées du ministre des sports gaulliste Herzog et le népotisme qui existerait au sein de la FFF, en prenant pour cible Pierre Delaunay, qui a succédé à son père au poste de secrétaire général. Ils réclament sa démission et un référendum sur l’organisation de la FFF, auquel participeraient les 600.000 licenciés.

Le 11 juillet 1968, le Conseil d’Etat approuve le projet du 8 juillet 1967 de la FFF, de transformer son Conseil National en Conseil Fédéral... Le 6 novembre, l'équipe de France poursuit sa vertigineuse chute. En éliminatoires de la Coupe du Monde 1970, elle s'incline 1-0 à Strasbourg contre la petite Norvège, pays aussi peuplé que la Bretagne. Cette défaite suscite une véritable révolution, l’équipe de France étant de ce fait quasiment éliminée dès son premier match. L’Equipe, imité par d’autres journaux, demande la démission des autorités en place, la désignation d’un Comité provisoire de rénovation et jette les bases d’une réforme dont on parlera durant des mois.

Toujours en novembre 1968, le conflit aigu entre le Groupement des clubs professionnels et l’UNFP au sujet du contrat à temps ajoute au climat délétère d’une saison de tempête, le président du Groupement Jean Sadoul déclarant même le 4 janvier 1969 : « Le Groupement ne représente plus rien ». Le 21 décembre 1968, « l’équipe Sastre », celle que l’on considérait comme celle du renouveau, est élue au 1er tour par le Conseil National, avec Jacques Georges comme nouveau président de la FFF. Même le Gouvernement lui apporte son soutien. Mais cette belle unité ne durera pas.

Sur un plan politique, en Bretagne, le FLB qui, par analogie avec l'IRA, baptisa sa force de frappe du nom d'ARB (Armée républicaine bretonne), avait durcit ses actions. Mais entre décembre 1968 et janvier 1969, les premiers réseaux sont démantelés. Cette vaste opération de répression se solde finalement par l’inculpation d’une cinquantaine de militants du FLB-ARB devant la Cour de Sûreté de l’Etat. Outre les interpellations, une centaine de perquisitions est organisée et plus de deux cents militants bretons, politiques comme… culturels, sont interrogés. Lors de son tour de Bretagne, le Général de Gaulle donne l'ordre de mettre fin aux arrestations et demande « surtout pas de prêtres ! »

Car en voyage officiel en Bretagne, de Gaulle attire partout des foules toujours imposantes mais des cris hostiles se font aussi entendre, notamment à Rennes et Brest. A Quimper, le 2 février 1969, créant la surprise, il annonce qu’un référendum sur la réforme des régions et la transformation du Sénat aura lieu au printemps. Il évoque aussi le « problème » de l'autonomie de la Bretagne… de cette « Armorique, province de notre hexagone qui fait depuis toujours partie intégrante du corps et de l'âme de la France » comme s’il fallait convaincre ceux qui n’ont pas ou peu de bleu à l’âme. « Aujourd'hui tout est changé, le génie du renouveau touche la Bretagne » déclare t-il alors que, cette même année également, l'Ile Longue, dans la presqu'île de Crozon, devient la base des sous-marins nucléaires français.

Le 26 janvier 1969 avait débuté dans le football professionnel un certain Raymond Keruzoré, pas encore 20 ans et toujours étudiant, et pourtant on ne s’étonne plus qu’aussi que peu de footballeurs bretons fassent une carrière professionnelle au Stade Rennais et au FC Nantes. Est-ce une prospection insuffisante ou un manque d’ambition des footballeurs eux-mêmes ? Un peu des deux sans doute. Il existe de bons footballeurs qui préfèrent la quiétude de l’amateurisme doré aux risques d’une aventure professionnelle. C’est ce qui frappera Georges Boulogne lors d’un séjour en Bretagne, où l’entraîneur national de la FFF est surpris par la qualité… et le manque d’ambition de nombreux footballeurs.

Le 2 mars 1969, le sélectionneur français Dugauguez avait démissionné de son poste, remplacé par Georges Boulogne. Dix jours plus tard, l'équipe de France est écrasée à Wembley (5-0) par l'Angleterre. Le Football Magazine et la presse française parlent alors de « Wembley-Waterloo »… Mais, le vendredi 11 avril 1969, un événement capital va achever de mettre le feu aux poudres : Au nom du Groupement, Maître Antoine Chiarisoli, ancien président de la FFF, propose au Conseil Fédéral de la FFF la scission de la Division 1 en deux groupes de 16 clubs. Une partie du Conseil Fédéral rejette alors totalement ce projet et démissionne en masse. La FFF implose et n’a donc plus de direction.

Pour l’Union des Footballeurs Bretons, ce message est clair. Si le « génie du renouveau touche la Bretagne », il faut se prendre en main et ne pas créer un « problème » d'autonomie là où il n’y en a pas. Le programme de l’Union des Footballeurs Bretons est alors plus précis et ambitieux, s'inspirant partiellement de l'administration footballistique galloise : « 1) Organisation de compétitions propres à la Bretagne pour les clubs bretons de toutes catégories d'âge ; 2) Maintien des clubs bretons de toutes catégories d'âge dans le cadre des poules finales des compétitions de la FFF, accès aux compétitions européennes compris ; 3) Organisation d'une Coupe de Bretagne qualificative pour la Coupe des Coupes ; 4) Mise en place d'une sélection officielle, participant aux éliminatoires des compétitions internationales ; 5) Pour ce faire, adhésion à la FIFA et l’UEFA ».

Il lui faut maintenant littéralement prendre d'assaut les clubs bretons de la Ligue de l'Ouest de Football (LOF) et rallier aussi ceux de Loire Atlantique, détournés de la Bretagne en 1967 par les décrets ministériels Herzog de 1961. D'une audace folle, l’UFB s’invite aux cérémonies du cinquantenaire de la Ligue de l’Ouest, le samedi 12 avril 1969, et réussit le tour de force de convier les clubs bretons à un vote, n'ayant pas manqué de rappeler qu'en 1955-56, le Comité de Bretagne de… Cyclisme, emmené par le grand dirigeant quimpérois Abel Floch, avait menacé de créer une Fédération Bretonne de Cyclisme, à une époque où le cyclisme breton avait été floué par la Fédération Française de Cyclisme.

Le jeudi 17 avril 1969, pressée par ses propres clubs, la Ligue de l'Ouest organise alors une réunion extraordinaire et y invite ceux de Loire-Atlantique. Il faut remonter à plusieurs années en arrière pour connaître une réunion aussi animée, aussi passionnante mais aussi capitale. Le vote tombe : 75% des clubs des cinq départements (95% de clubs votants) sont en faveur de la transformation.

C'est dans une ambiance électrique que cette assemblée des clubs bretons proclame alors la création officieuse de la Fédération Bretonne de Football. L'émotion est à son comble. En une semaine, l'impensable vient de se réaliser. Le Sénateur Jean Noury, 65 ans, président de la LOF, ne peut que constater l'évidence. L'assemblée générale de la LOF, prévue pour le 21 juin 1969, sera des plus extraordinaires. Mais une grande majorité garde pourtant la tête froide. Car le plus dur reste à faire. Convaincre la FFF, puis l'Etat français, puis la FIFA. Autant dire mission impossible, même si impossible n'est pas français, dixit Napoléon Bonaparte…
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MessageSujet: La découverte ou l'ignorance... (2)   Ven 28 Sep 2007 - 21:36

La Bretagne et la France sont à l'approche d'un référendum d'une toute autre envergure, d'Etat cette fois-ci, portant notamment sur le transfert de certains pouvoirs aux régions. Mettant tout son poids dans ce référendum, le général de Gaulle a même annoncé à l'avance son intention de démissionner en cas de victoire du « non ». Les Bretons comme les Français de gauche, mais aussi ceux du centre, votent massivement « non ».

Ils l’ont fait pour se débarrasser du vieux général et prendre leur revanche sur la droite qui était sortie largement vainqueur des élections législatives anticipées qui avaient suivi les événements de Mai 68. Lorsque le « non » l'emporte par 52,41%, le 27 avril 1969, de Gaulle déclare cesser d'exercer ses fonctions de président de la République. Alain Poher, 60 ans, Breton de l’extérieur, devient Président de la République par intérim, du 28 avril au 19 juin 1969.

Pendant la campagne à l'élection présidentielle, le centriste Alain Poher, premier président du Parlement Européen en 1966, promettra une amnistie immédiate des membres du FLB, la réunification de la Bretagne, la création d’une Assemblée élue et d’un exécutif breton régional. C’est pourquoi l’ensemble du mouvement breton le soutiendra, UDB mise à part, qui s’alignera sur la gauche française.

Mais les Bretons voteront massivement pour une droite qui restera au pouvoir et continuera d’appliquer la politique de Gaulle. C'est Georges Pompidou, bientôt 58 ans, qui sera élu président de la République le 16 juin 1969. Le « transfert de certains pouvoirs aux régions » voulu par de Gaulle n'aura donc pas lieu mais les cinq Conseils Généraux de Bretagne seront consultés par son Gouvernement en prévision du vote en 1972 d'une loi organisant les régions et ils seront unanimes à souhaiter la réunion des cinq départements bretons. Le 14 juin, 150 personnalités politiques bretonnes, dont le Sénateur Jean Noury, président de la LOF, avaient signées l’appel de l’Association des familles des détenus politiques bretons, en faveur d’une mise en liberté provisoire.

René Pleven, 68 ans, ancien Président du Conseil (Premier Ministre) sous la IVe République (1950-1952), ancien Commissaire aux Colonies du Comité français de la Libération nationale en 1944, fondateur du CELIB (Comité d'Etude et de Liaisons des Intérêts Bretons), accède au poste de Ministre de la Justice, le 22 juin 1969. Le leadership politique de René Pleven, Président du Conseil en juin 1951, avait donné une impulsion décisive à la consolidation du CELIB en ralliant à la cause régionale l’ensemble des parlementaires MRP (aujourd'hui UMP), formation politique dominante en Bretagne à cette époque.

Bien que de sensibilité démocrate-chrétienne, René Pleven n'en avait pourtant pas rejoint le MRP. Il siégea sous étiquette centriste (comme Poher…), avait écrit en 1961 « l’Avenir de la Bretagne », était l’un des hommes les plus écoutés de la IVe République et jouissait d’un grand prestige chez ces mêmes centristes, qui appréciaient son engagement européen. Comme Président du Conseil, il avait lancé la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (précurseur de l'Union Européenne), parvenant à faire ratifier ce traité.

C’est dans ce contexte que, le 30 juin 1969, l’Assemblé nationale française vota la loi d’amnistie qui, par son article 3, entraînait l’abandon des poursuites contre les inculpés FLB-ARB. Effaçant la « faute », l’Etat français niait ainsi l’existence du contentieux franco-breton, escamotant le débat par un geste de pseudo clémence. Dans « L’Avenir de la Bretagne », la plume de Xavier Grall y voit un irrespect absolu : « L’amnestie, c’est la pire des solutions, le refus de la confrontation. Il n’y a pas de problème breton, puisqu’on n’en parlera pas. Il n’y a qu’une France indivisible et quelques mauvais garçons à qui on va pardonner des fredaines. La Bretagne est encore plus colonisée qu’on ne pouvait l’imaginer. C’est la Kabylie des années 30. Elle vote « bien »… Il n’en reste pas moins que le combat continue. »

L’Etat français évitait par là un procès à grand spectacle qui aurait tourné à une tribune internationale de la Bretagne contre la France, à l’instar du procès de Burgos qui suivra, en décembre 1970, avec les 6 condamnations à mort prononcées par l’Etat espagnol contre des militants basques d’ETA (finalement commuées en peines de prison).

La veille de l'accession de René Pleven à la fonction de Ministre de la Justice, le samedi 21 juin 1969, la LOF tient son assemblée générale dans une autre ville que Rennes, pour la première fois depuis sa création, il y a 50 ans. C'est Vannes, capitale de l'Etat Breton avant Nantes, qui a la charge d'organiser cette assemblée à tous points de vue extraordinaire. Et c'est dans la salle du cinéma L'Universel, pleine à craquer, qu'est alors officiellement proclamée la création de la Fédération Bretonne de Football. Pris de stupeur devant sa propre audace, l’ensemble du football breton finit par tonner d’enthousiasme. Nantais (dont la ville devient jumelle de Cardiff la même année) et nazairiens en pleurent même de joie.

Immédiatement, la nouvelle FBF reçoit le soutien, cette fois effectif, des plus vieilles fédérations du monde, l’Angleterre, l’Ecosse, le Pays de Galles et l’Irlande du nord (ces fédérations avaient notamment adhéré à la FIFA entre 1905 et 1910, en compagnie d’autres territoires européens politiquement non indépendants à l’époque, comme la Bohême/Tchéquie, la Hongrie et la Finlande), accompagnées de la République d’Irlande.

Dans son discours, relayé par Ouest France le 23 juin, le président de la LOF Jean Noury, est égal à lui-même : « Il est incontestable que notre football respire la santé. Demain, des moyens matériels nouveaux et substantiels devront être engagés pour nous permettre de faire face à nos devoirs, pour notamment répondre de manière généreuse aux besoins croissants des jeunes, toujours plus nombreux. Mais pourquoi la France, seule avec l'Albanie, refuse-t-elle l'institution d'un concours de pronostics ? Par puritanisme ? Pour ne pas léser d'autres intérêts tel le tiercé ou la Loterie Nationale ? Les choses étant ce qu'elles sont, sans négliger l'effort consenti par l'Etat, obligation nous est faite de nous débrouiller seuls… »

C’est ensuite au tour du chanoine Gelh, secrétaire général de la LOF, de rendre compte de l'activité effective du football breton qui, cette année, a fait un bond en avant, tant sur le plan des clubs que celui des licenciés. Il clôt son imposant exposé en mettant l'accent sur les problèmes épineux qui bouleversent actuellement le football. Pour lui, l'intrusion de l'Etat est inopportune et dangereuse : « Le football ne doit pas être géré par des fonctionnaires. Pour nous qui suivons le football depuis de nombreuses années, il est urgent que des gens de bonne volonté s'attachent à sa rénovation. » En ce mois de juin 1969, la nouvelle Fédération Bretonne de Football réitère à l’occasion l’ambition des footballeurs bretons : « Uruguay, Paraguay, Suisse, Suède, Ecosse, pays de Galles et Irlande du nord ont déjà joué la coupe du monde. Pourquoi pas la Bretagne ? ».

Pour une FFF vacillante, c'est une véritable « patate chaude » que lui télégraphie, dès le lundi 23 juin 1969, cette nouvelle Fédération Bretonne de Football : Une demande d'adhésion à la FIFA, que l'association nationale du territoire dont dépend le candidat est seule habilitée à proposer, selon les statuts de la FIFA. « En Europe, Chypre, Danemark, Finlande, Irlande, Islande, Luxembourg, Malte, Norvège, Suisse, Suède, mais aussi Ecosse, Galles, Irlande du nord : La Bretagne est aussi peuplée qu'eux ou ils ont moins de 10 millions d’habitants. Seuls, comme Bretons, Thépot et Penverne ont participé chacun à deux coupes du monde, une maigre poignée de joueurs bretons sont devenus internationaux… Plusieurs dizaines d’internationaux ont déjà, avec l’Uruguay, le Paraguay, la Suisse, la Suède, l’Ecosse, le pays de Galles et l’Irlande du nord, joué la coupe du monde. Demain, ce pourrait être la Bretagne » martèle la FBF à la FFF.

Le Secrétaire d'État à la Jeunesse & aux Sports, Joseph Comiti, récupère la « patate chaude » et la passe à un voisin bien plus imposant. Car c’est finalement René Pleven lui-même qui va la réceptionner. Le président Pompidou veut que l’Etat campe sur ses positions. « Les autonomies provinciales engendreraient des conflits entre les provinces » déclare t-il, bien que la Constitution même de l’Etat prévoie des procédures de négociation et d’arbitrage… et qu’il ne s’agisse en l’occurrence que de sport, pas de politique.

Pourtant, une certaine presse, jurant de surcroît qu’une sélection bretonne allait au désastre, tente bien de monter l’opinion publique contre la Fédération Bretonne de Football, invoquant le précédent algérien, les arguments de Pompidou, etc., mais en vain, se ridiculisant même en comparant la demande des footballeurs bretons à la « Guerre du football », en référence au match éliminatoire de Coupe du Monde du 8 juin 1969 entre le Honduras et le Salvador, qui allait déboucher sur une vraie guerre entre deux… Etats.

D’autres évoquent par contre le match France – Corse (0-2) du 28 février 1967, arbitré par un breton (Robert Heliès) dans une ambiance bon enfant et à l’issue duquel le sélectionneur Just Fontaine s'était laissé aller à déclarer : « Si un jour on vous donne votre indépendance, vous pourrez toujours espérer jouer un rôle à l'échelle internationale ! ». Quelques mois plus tard, le 12 décembre 1967, une sélection de Paris/Nord-Est avait rencontré l’URSS (0-0) dans un parc des Princes quasi désert.

L’Etat français a donc évité un procès à grand spectacle avec le FLB-ARB mais ce dernier n’est pas complètement mis hors d’état de nuire. Pendant l'été 1969, lors de la Fête des Cornemuses à Brest, de violentes échauffourées vont opposer de jeunes nationalistes bretons à la police. Des membres des cercles celtiques lanceront des tracts « FLB Liberté » sur la tribune officielle. C'est l'un des éléments qui poussera, l'année suivante, les notables brestois à abandonner ce festival qui, à Lorient, deviendra « interceltique ». L’Etat peut-il alors se permettre un nouveau coup de folie avec maintenant le… football, sachant que ce dernier n’a jamais rien changé à la structure d’un Etat, l’exemple des fédérations britanniques étant là pour l’attester. Le contraire eut été absurde. Les autres régions vont-elles réclamer la même chose ?

Leur indifférence conforte René Pleven, lequel a repris à son compte le combat d’Alain Poher, à savoir la réunification de la Bretagne, la création d’une Assemblée élue et d’un exécutif breton régional. Le mardi 1er juillet 1969, il tranche alors sans se soucier du Conseil d’Etat et respecte surtout la décision démocratiquement prise par les footballeurs bretons : La Fédération Bretonne de Football sera belle est bien officielle. Les sceptiques sont rassurés : la structure de la France et son indivisibilité resteront immuables. C’est même une incongruité que de l’évoquer… Les Britanniques l’ont démontré dans ce même domaine sportif. Les footballeurs bretons resteront bien sûr des citoyens français comme les autres.

Le samedi 5 juillet 1969, soit 14 jours après l'avènement de la Fédération Bretonne, c’est de nouveau jour d'élection au Conseil Fédéral de la FFF : les démissionnaires du 11 avril le réintègrent. Le football professionnel conserve une certaine autonomie mais une autorité limitée, groggy qu’il était d’avoir appris, les 1er et 9 juin 1969, que Lens puis Lille venaient d’abandonner le professionnalisme…. Concernant la Bretagne, la FFF n’est déjà plus maîtresse de son destin. Pourtant, en Bretagne aussi, le Stade Rennais n’est pas au mieux avec 380.000 FRF de déficit, somme considérable pour l'époque. Beaucoup voit sa section professionnelle condamnée alors qu’aucun joueur n’a signé de nouvel engagement.

Vaille que vaille, elle survit jusqu’à ce que l’arrivée d’un nouveau président, Jean Rohou, Maire de Carhaix, ne fasse « repartir la machine », le 4 novembre 1969. Cette année là encore, la Bretagne connaît une véritable sécheresse de fin d'été, début d'automne… qui n'a rien à voir avec la mise à feu de son football. Par contre, la sécheresse, plutôt la glaciation de l’âme bretonne, c’est aussi la sortie du livre de Per Jakez Helias, « Le cheval d'Orgueil », avec une phrase glaciale qui en dit long sur les droits de l’homme breton en France au 20e siècle : « Mon fils, avec le breton tu es comme une chèvre attachée à son piquet. Avec le français tu pourras aller partout. »


Dernière édition par le Mar 27 Nov 2007 - 20:23, édité 1 fois
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MessageSujet: La découverte ou l'ignorance... (3)   Ven 28 Sep 2007 - 21:38

Un décret gouvernemental doit maintenant officialiser la création de la Fédération Bretonne de Football. Celui du mercredi 15 octobre 1969 dispose « que la FBF assure une mission de service public et est seule compétente pour délivrer les licences aux footballeurs, organiser les championnats et coupes et critériums et délivrer les titres locaux, régionaux et nationaux de cette discipline ». Cette politique est inaugurée quelques jours plus tard par la signature d’une convention entre la FBF et la FFF, le jeudi 25 octobre 1969.

Celle-ci prend acte de la demande d'affiliation de la Fédération Bretonne de Football à la FIFA et reconnaît son autonomie de décision. Elle reconnaît notamment le droit de la FBF de participer aux compétitions officielles de la FIFA et de l’UEFA, sous réserve d'en informer la FFF. Elle reconnaît également la capacité de FBF d'organiser ses propres stages de formation débouchant sur ses propres diplômes.

En même temps, la convention organise la coopération entre les deux fédérations. Elle permet en particulier, comme par le passé, la participation des associations sportives affiliées à la FBF aux championnats et à la Coupe de France, et la participation d'une sélection de la fédération bretonne aux coupes nationales de jeunes. Elle dispose également que le régime de qualifications et de mutations de joueurs mutant d'une fédération à l'autre est identique à celui en vigueur à la FBF.

La convention aborde enfin le point délicat du régime des sélections en équipe de France et en équipe de Bretagne. Le principe est le suivant : « Peuvent être sélectionnés par la FBF dans une de ses équipes représentatives les joueurs bretons n'ayant jamais joué dans une sélection nationale française. Les joueurs de la FFF résidant dans les cinq départements bretons doivent, en outre être licencié dans un club breton depuis cinq ans pour pouvoir être sélectionnés ». Une véritable levée de bouclier des footballeurs bretons va pourtant entraîner le rejet de cette dernière mesure qui, dans les faits, aboutirait à faire de la sélection bretonne une équipe de seconde zone.

Les joueurs bretons veulent et vont obtenir un accord quasi identique à celui qui existe entre les fédérations britanniques. D’abord, tout joueur breton ne sera sélectionnable qu’en équipe de Bretagne si il est né dans l’un des cinq départements bretons. Ensuite, un joueur de parents bretons né à Paris ou ailleurs pourra être sélectionnable par la FBF ou la FFF (les jeunes Jacques Largouet et Claude Le Roy par exemple). À l’inverse, l’accord stipule qu’un joueur ne pouvant se prévaloir d’aucune ascendance bretonne ne pourra jamais jouer pour la Bretagne même s’il y réside.

En effet, et la FFF insiste sur ce point, un joueur d’une autre région ou un naturalisé, quel que soit d’ailleurs son continent d’origine, ne pourra jouer que pour l’équipe de France… Enfin, les joueurs bretons ne pourront plus jouer en équipe de France à partir du 1er juillet 1971. Seuls les joueurs bretons qui sont internationaux "A" avant le 1er janvier 1970 pourront choisir et ils se comptent sur les doigts de la main ou presque (Cardiet, Blanchet, Eon, Goujon, Guillas, Le Chenadec). Auront-ils des regrets ? Le 15 octobre, l’équipe de France est éliminée de la Coupe du Monde 1970 : Suède 2, France 0.

Le mardi 2 décembre 1969, la demande d'adhésion à la FIFA de la FBF est proposée à la FIFA par la FFF, association nationale du territoire dont dépend le candidat et seule habilitée à la proposer, selon les statuts de la FIFA. Une fois vérifiés les critères d’admission, une commission de la FIFA fera alors ou non une proposition au congrès, lequel accepterait ou non le postulant comme nouveau membre. Le 10 janvier 1970 arrive le tirage au sort de la phase finale du Mundial '70 puis, le vendredi 29 mai 1970, le grand jour. C’est le 37e Congrès de la FIFA à Mexico City. Depuis son congrès de 1907, la FIFA n’a pas changé l’article 1er de ses statuts sur l’affiliation : « La FIFA comporte des associations contrôlant le football dans leur pays respectif. »

La FIFA n’a jamais voulu préciser le sens du mot, juridiquement trop vague de « pays » : ce terme peut signifier un Etat, mais aussi une nation éventuellement intégrée dans un Etat reconnu (ce qu’est historiquement la Bretagne depuis le traité d’union international de 1532 entre les Etats de Bretagne et l’Etat royal français). Il peut aussi désigner le territoire d’un Etat fédéral, voire d’une colonie ou d’une ancienne colonie au statut imprécis d’autonomie (la lettre de René Pleven, Président d’un Exécutif Breton sur le point de naître, est là très importante). Les discussions concernant l’adhésion bretonne sont alors âpres en commission, les nouveaux membres africains se posant des questions. Joaõ Havelange fera le reste, dépassant les clivages politico-politiciens.

En ce 29 mai 1970, à deux jours de l’ouverture du Mundial mexicain, la Bretagne accède au rang de membre de la FIFA sur vote de son Congrès. Dans la nuit mexicaine, l’émotion envahit alors toute la délégation bretonne présente à Mexico… Passé le 21 juin 1970 et la finale du Mundial, il leur faudra construire une nouvelle réalité et matérialiser l’ambition du football breton qui, avec ses 1.250 clubs et ses 65.427 footballeurs sur cinq départements (dont 18.000 pour la Loire Atlantique), compte parmi les dix premiers au monde pour son nombre de licenciés au km²… Quant à la FFF, elle compte 11.988 clubs et 648.859 licenciés en 1969-70, incluant les chiffres bretons. Cette même année, le géographe Michel Phlipponneau publie le livre « Debout Bretagne ! ». Alan Stivell sort son premier trente-trois tours « Reflets », qui connaît un immense succès. Morvan Lebesque, chroniqueur au « Canard Enchaîné », fait paraître son essai « Comment peut-on être Breton ? ».

La FBF s’installe dans les murs de la LOF à Rennes, avant de déménager à Nantes à deux pas du Stade Marcel-Saupin, puis entreprend sans relâche dès juillet 1970 un indispensable programme de transition et de restructuration de l’héritage LOF/FFF. Pierre Simon (Président de l'ex-Ligue Atlantique) et Jean Noury (Président de l'ex-Ligue de l'Ouest) assureront conjointement sa présidence, dans un premier temps. Le 30 juin 1971, alors qu’intervient la clôture des inscriptions pour le Mondial 1974, la Bretagne fait bien partie des inscrits. Dix jours auparavant, elle était en liesse pour la victoire de Rennes en finale de la Coupe de France. Le samedi 17 juillet 1971 à Düsseldorf, la Bretagne entre dans le concert international du football lors du tirage au sort des groupes éliminatoires du WM '74 et partagera un Groupe de qualification avec deux autres formations en 1972 et 1973.

João Havelange ayant tenu parole, c’est le lendemain, le dimanche 18 juillet 1971, depuis l'Amérique du sud, que les tous premiers internationaux bretons Fouché – Cardiet, Le Chenadec, Rastoll, Le Cœur – Le Boedec, Keruzoré, Guillou – Floch, Lenoir, Blanchet, aussi stupéfaits que volontaires, allaient montrer à leurs futurs adversaires qu’il allait falloir compter avec leur talent et leur fighting spirit sur la route de l’Allemagne.

Alors que le championnat de France ne reprend que le 11 août 1971, les Bretons de Jean Prouff sont en pleine forme et vont stupéfier les sud-américains, menant 1-0 à la mi-temps (un coup franc assommoir de Jean-Yves Lecœur, spécialiste en la matière), fléchissant en 2e mi-temps mais les tenant finalement en échec 2-2 grâce à un but de Bernard Blanchet et une éblouissante démonstration du duo Jean-Marc Guillou – Raymond Keruzoré. Le football breton venait de prendre un tournant décisif dans la réalisation de son complet épanouissement.

***********



1. Dans ce texte, tout ce qui se rapporte à une hypothétique Union des Footballeurs Bretons, l’action de Joaõ Havelange, des fédérations celtes et anglaise vis-à-vis de la Bretagne ainsi que la transformation de la Ligue de l’Ouest de Football en Fédération Bretonne de Football est PURE FICTION. René Pleven ne reprit pas à son compte le combat d’Alain Poher, à savoir la réunification de la Bretagne, la création d’une Assemblée élue et d’un exécutif breton régional.

2. Par contre, tous les autres faits (et les déclarations des officiels de la Ligue de l’Ouest) sont strictement authentiques, l’épisode de 1955-56 concernant le Comité de Bretagne de Cyclisme compris. Il s’agissait là d’une affaire d’honneur, la dignité du VS Quimpérois ayant été piétinée dans le cadre d’un Championnat de France des Sociétés. Vainqueurs, mais disqualifiés, les Bretons s’estimèrent floués et la cassure fut immédiate. Achille Joinard, Président de la Fédération Française de Cyclisme, entreprit sans tarder, de présenter lui-même des excuses… (dans « Un siècle de cyclisme en Bretagne », Hors série de Ouest France, 1995). Également, le Comité directeur du Comité Régional de Bretagne de Voile voulut créer une Fédération Bretonne de Voile en 1996. « Notre souci est uniquement l’unité et l’identité de la Bretagne dans l’équilibre national. Il n’y a pas d’adversaire. Ni la Fédération, ni le reste de la France ! » déclara Henry Bacchini (Ouest France, 16 décembre 1996), président du Comité breton, qui dû renoncer à son projet devant l’intransigeance de la Fédération Française de Voile vis-à-vis de la demande, pourtant démocratique, du Comité breton.

3. Le passage évoquant une convention abordant « le point délicat du régime des sélections en équipe de France et en équipe de Bretagne » s’inspire du statut dont a hérité la Fédération Tahitienne de Football, qui subordonne sa sélection à toute décision première de la FFF pour les sélections, faisant de facto de la sélection tahitienne une sélection de seconde zone, bien qu’émanant d’une fédération affiliée à la FIFA, celle de Tahiti, donc statutairement souveraine… Dans les faits, cela se traduit par l’invraisemblable possibilité de la France de sélectionner Marama Vahirua, né à Tahiti, de parents tahitiens… Le même cas de figure serait inenvisageable au Royaume-Uni.

***


En RÉALITÉ, en 1969, aucune Fédération Bretonne de Football n’aurait pu exister à l’instar de celles du Royaume Uni, dans un Etat français populiste et pseudo autoritaire dont le fondement était et est toujours en 2007 d’ériger un dogme d’égalité en un quotidien d’uniformité absolue. Les cinq Conseils Généraux de Bretagne furent bien consultés par le Gouvernement français en prévision du vote de 1972 sur la réforme des régions et leur réponse fut unanime en faveur de la réunification. L'occasion fut donc fournie au gouvernement de rectifier l'erreur initiale de l’Etat fasciste français de 1941.

Mais, telle une république bananière, il tira prétexte de divergences secondaires au sujet de l'entrée éventuelle de départements voisins dans la région Bretagne pour entériner les limites régionales existantes – la création d'une région Bretagne à 4 départements et une région dite des « Pays de Loire » dont fait partie la Loire-Atlantique – et donc consacrer une partition de la Bretagne qui faisait contre elle l'unanimité.

Emmenés par Michel Debré, les adversaires fanatiques de toute décentralisation véritable et de toute régionalisation démocratique s’étaient empressés de reprendre le découpage fasciste de 1941, entériné dans les faits par le Décret Debré du 2 juin 1960. La consultation des cinq Conseils Généraux de Bretagne 10 ans plus tard n’était donc qu’un leur. La loi du plus fort avait encore primé sur la démocratie en France, quelle que soit la nature du régime politique au pouvoir.

Comme si cela n'était pas suffisant, 440 ans après le traité d’union international signé entre le Royaume de France et les Etats de Bretagne, rattachant la Bretagne à la France, Georges Pompidou, président de la République, déclarera à Sarre-Union (Alsace), le 14 avril 1972 : « Il n'y a pas de place pour les langues et cultures régionales dans une France qui doit marquer l'Europe de son sceau ». Le 5 juillet 1972, la loi sur la Création des Établissements Public Régionaux (EPR) entérine de facto définitivement le décret du gouvernement de Vichy de 1941 !

En 1992, comme en écho à la déclaration de Pompidou, le président du RPR Philippe Seguin avait déclaré, avec la morgue de l’homme cultivé qu’il est mais aussi l’arrogance absolue de l’héritier d’une conquête, et dans un grand éclat de rire, avant le référendum de Maastricht auquel il avait peur de soumettre la France : « Pourquoi vouloir l’Union Européenne ? En France, nous avons déjà fait l’Europe, avec la Bretagne, la Corse, l’Alsace… ».

Pourtant, le 29 août 2007, Nicolas Sarkozy, président de la République Française, déclarait : « A quoi sert-il d'expliquer à nos enfants que Vichy, la collaboration, c'est une page sombre de notre histoire, et de tolérer des contrôles fiscaux sur une dénonciation anonyme, ou des enquêtes sur une dénonciation anonyme ? » Mais dès lors qu’il divise les Bretons, militairement conquis en 1488, on peut en déduire que « Vichy » reste tolérable pour des personnes qui n’ont rien d’anonymes… et que la France est toujours, en 2007, à la fois une démocratie à plusieurs vitesses et l’îlot d’un centralisme aussi tristement unique que cyniquement anachronique en Europe de l’ouest.

Quant au football, notamment sous la pression de l’Etat espagnol luttant contre l’émancipation footballistique des britanniques de Gibraltar, alors qu’il possède lui-même Ceuta et Melilla au Maroc, l’UEFA et la FIFA ont trouvé l’argument pour changer leurs statuts en 2001 et 2002. Désormais, seuls des Etats indépendants peuvent accéder au niveau international. Même le Montenegro (et ses 600.000 habitants) y est parvenu en 2006 puisque une Serbie devenue extrêmement faible ne pu le retenir. Comme si l’Etat français n’avait eu plus rien à proposer aux Bretons… Continuant à prendre des bleus, le football semble aujourd’hui avoir définitivement vendu sa spécificité à la politique.
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Breizhcymru

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MessageSujet: Quand le FLN recrutait des footballeurs   Mer 30 Avr 2008 - 0:45

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2008/04/12/quand-le-fln-recrutait-des-footballeurs_1033866_3212.html

Quand le FLN recrutait des footballeurs

LE MONDE | 12.04.08


Rachid Mekhloufi n'avait rien demandé. Le 11 avril 1958, il y a cinquante ans de ça, la vie de l'attaquant de Saint-Etienne a basculé lorsque deux footballeurs, originaires comme lui de Sétif, sont venus le voir à la veille d'un match du championnat de France contre Béziers pour lui annoncer tout de go : "Rachid, demain on part en Tunisie."

Rachid Mekhloufi fait partie des dix joueurs professionnels qui, entre le 12 et le 14 avril 1958, ont quitté clandestinement la France pour constituer l'équipe du Front de libération nationale (FLN). Jusqu'en 1962, cette sélection d'une nation sans Etat a servi de porte-voix au gouvernement provisoire de la République algérienne.

"Quand Mokhtar Arribi (ex-Lensois) et Abdelhamid Kermali (Olympique lyonnais) sont venus à ma rencontre, ils m'ont juste dit que nous partions pour jouer au football, se souvient l'ancien espoir stéphanois, âgé aujourd'hui de 72 ans. A partir du moment où deux Sétifiens me rendaient visite, cela signifiait que l'affaire était importante. Je leur faisais d'autant plus confiance que ces footballeurs comptaient parmi mes idoles."

La date du 12 avril n'a pas été choisie par hasard. Le match Monaco-Angers programmé ce jour-là rassemble cinq candidats au départ : quatre côté monégasque (Mustapha Zitouni, Abdelaziz Ben Tifour, Abderrahmane Boubekeur et Kadour Bekhloufi), et un côté angevin (Amar Rouaï). Mais Rachid Mekhloufi se blesse pendant la partie et perd connaissance.

Le 14 avril au petit matin, c'est en pyjama, couvert d'un imperméable et un pansement sur la tête, qu'il quitte l'hôpital de Saint-Etienne en compagnie d'Arribi et de Kermali. Direction Lyon, où le trio doit retrouver le footballeur toulousain Abdelhamid Bouchouk avant de filer en voiture vers la frontière suisse. Un autre joueur de Toulouse, Saïd Brahimi, a préféré prendre le train pour Lausanne, l'un des deux lieux de rendez-vous fixés par le FLN, avec Rome.

"La disparition soudaine de Mustapha Zitouni, l'arrière central de l'équipe de France, à quelques mois de la Coupe du monde en Suède, et celle de Rachid Mekhloufi, le buteur de Saint-Etienne sélectionné lui aussi chez les Bleus, ont provoqué un bruit énorme", témoigne le journaliste Michel Naït-Challal, qui vient de sortir un livre sur cette épopée politico-footballistique (Dribbleurs de l'indépendance, Editions Prolongations). C'est comme si, aujourd'hui, Lilian Thuram ou Karim Benzema disparaissaient tout d'un coup de la planète foot !"

A 19 heures, Paris Inter annonce la fuite des quatre Algériens, mais les douaniers qui contrôlent leur véhicule n'ont apparemment pas écouté la radio. Ils reconnaissent le buteur stéphanois et l'interrogent... sur son parcours chez les Bleus. La voiture repart, les fugitifs s'envolent bientôt pour la Tunisie. Deux autres joueurs seront stoppés dans leur fuite, le Monégasque Hacène Chabri et le Rémois Mohamed Maouche. Dix hommes réussissent finalement à rejoindre Tunis.

Ces footballeurs sans histoire dans leurs clubs deviennent, sur l'autre rive de la Méditerranée, "des militants de la cause algérienne en mission pour le FLN", selon Abderrahmane Meziane Cherif, l'actuel consul général d'Algérie à Paris et ami d'enfance d'Amar Rouaï. "Les Algériens étaient heureux d'apprendre cette nouvelle, les sportifs du monde arabo-musulman étaient surpris, les Français étaient frappés de stupeur, raconte le diplomate algérien. Des footballeurs de haut niveau qui ne manquent de rien et décident de partir : la preuve était faite qu'ils souffraient malgré tout, parce que leur pays était meurtri."

Rachid Mekhloufi, qui vit aujourd'hui entre Alger et Tunis, se souvient : "Les gens qui avaient un père ou un fils en Algérie savaient qu'une guerre s'y déroulait, mais une grande majorité de Français ne connaissait rien de la situation sur place. C'est en apprenant notre engagement aux côtés du FLN qu'ils ont pris conscience de la gravité de la situation", estime l'ex-international.

Outil de propagande, l'équipe a vocation à populariser l'insurrection algérienne partout dans le monde. Entre mai 1958 et juin 1962, en dépit des pressions de la France et de la Fédération internationale de football (FIFA), les joueurs du FLN disputent 91 matches (dont 65 victoires) dans les pays arabes, en Europe de l'Est et en Asie.

A leur arrivée sur le sol tunisien, les footballeurs découvrent les conditions matérielles que leur a réservées l'organisation du FLN : prise en charge des loyers et des salaires ; fourniture de costumes et des équipements sportifs nécessaires ; présence permanente d'un commissaire politique, Mohamed Allam. C'est lui qui, par exemple, alerte les joueurs, avant le match contre l'Etoile rouge de Belgrade en mars 1961, de la présence dans les tribunes de l'ambassadeur de France. "Il était affolé. On est rentré sur le terrain et on a fait un match terrible : le FLN l'a emporté 6-1", sourit Rachid Mekhloufi.

"Lors du premier tournoi que le FLN a disputé, la Tunisie, pour ménager la FIFA, n'a pas hissé le drapeau algérien. Le président Bourguiba, à son arrivée dans le stade, a exigé de voir les couleurs de l'Algérie", raconte l'écrivain Rachid Boudjedra, alors étudiant à l'université de Tunis.

Scénariste du film inspiré de cette histoire prévu pour la fin de l'année, l'écrivain ajoute que "jamais une équipe n'avait eu une telle mission d'ambassadrice". Les "Diamants bruns", surnom donné aux joueurs algériens pendant leur première tournée en Europe de l'Est en avril 1959, brilleront jusqu'en Chine populaire et au Vietnam.

"Ces années m'ont fait connaître des peuples et des chefs d'Etat de premier plan, Ho Chi Minh, Tito, le roi de Jordanie. Moi, le Sétifien marqué par les violences de 1945, le dernier d'une famille de huit enfants, le petit footballeur qui avait posé ses valises à Saint-Etienne à 18 ans dans l'espoir d'intégrer un club pro", raconte Rachid Mekhloufi. Il sera le premier à demander et obtenir d'Ahmed Ben Bella, en juin 1962, l'autorisation de rentrer en France. "A 25 ans, ma carrière n'était pas terminée", se justifie le joueur, qui retrouva les Verts dès la saison suivante.

Simon Roger
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Gwenneg

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MessageSujet: Re: La découverte ou l'ignorance...   Mer 21 Mai 2008 - 16:24

Je voulais remercier kop breizh et la sélection de Bretagne qui ont formé un tandem inoubliable. Vous avez été magique hier soir. Je ne suis pas prêt d'oublier ce moment avec notre première victoirehistorique sur le plan sportif.
Mes collègues non-breton ont regardé la rencontre.
Ils m'ont dit : "vous avez un énorme potentiel en Bretagne entre votre cultre, votre magnifique pays, et l'énergie de vos sportifs de haut niveau"
Je souhaite personnellement que notre sélection de Bretagne revienne l'année prochaine et non dans 10 ans.

Est-ce quelqu'un peu m'apporter une précision sur les projets de cette équipe de Bretagne ?

Je féléicite KOP BREIZH qui a été énorme hier soir. Vous êtes un kop vraiment super pros. J'espère vous entendre très vite à la TV avec plein de fumigènes sur l'écran . Trop fort !
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ladyruz

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MessageSujet: Re: La découverte ou l'ignorance...   Mer 21 Mai 2008 - 16:52

Gwenneg a écrit:

Est-ce quelqu'un peu m'apporter une précision sur les projets de cette équipe de Bretagne ?

Le programme prévisionnel des matchs à venir est dans le dossier de presse de BFA :
http://www.bretagne-football.org/pdf/Bretagne-Congo-2008.pdf

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Breizhcymru

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MessageSujet: Re: La découverte ou l'ignorance...   Ven 11 Fév 2011 - 15:28

Ce que l'Uruguay a fait (3,4 millions d'habitants situés entre les géants Argentine et Brésil), la Bretagne (4,3 millions) pourrait le faire. Récit fiction.

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Coupe du Monde 2010

Quarts de finale – Bretagne / Ghana 1-1 (4-2, tirs aux but)


Le sacrifice de Toulalan envoie la Bretagne en demi-finale de la Coupe du Monde

2 juillet 2010

Pour sa première Coupe du Monde, la Bretagne, petit pays guère peuplé comme l’Uruguay ou le Danemark, se qualifie pour les demi-finales sur un coup de dés incroyable.

Gyan "déchire" un penalty à la dernière seconde de la prolongation et rate son entrée dans l’Histoire sur la séance des tirs au but. Ces deux équipes étaient tendues en début de rencontre. C’est qu’une avait quand même rendez-vous avec l’Histoire de son continent et l’autre avec sa propre Histoire, celle d’un pays retrouvé. Cette tension mise à part, chacune était dans son registre. Le Ghana formait tranquillement son bloc, compact, et la Bretagne était toujours cette équipe joueuse mais disciplinée avec son trident Damien Le Tallec-Menez et Gourcuff en meneur de jeu.

Mensah, le capitaine ghanéen, n’attend pas deux minutes avant de mettre son premier taquet. Physiquement, le Ghana est là, comme d’habitude, mais mettra trente minutes avant de toucher Gyan, son pivot habituel. Toute de suite, les Black Stars, sans leur pointe, sont plus inoffensifs. Les Diaouled Du n’inquiètent pas non plus leurs adversaires, en tout cas dans le jeu, sur leurs attaques placées. La Bretagne fera en revanche son "furet" sur chaque coup de pied arrêté, toujours prompte à inquiéter un Kingson bien plus fébrile que lors du huitième contre les Etats-Unis.

Mensah, sur corner, manque même de le tromper d’un étrange amorti de la poitrine (18ème). Et sur deux erreurs d’inattention, le Ghana aurait pu rapidement se "foutre" tout seul dedans. Inkoom relance parfaitement, contre son gré on l’espère, pour... Gourcuff, qui jouera mal le coup (25ème) et sur une remise en touche, Damien Le Tallec, qui use de son arrière-train, pour s’ouvrir le chemin du but, testera pour la première fois les gants de Kingson (26ème).

La troupe du sélectionneur du Ghana Rajevac sentant sans doute qu’elle déjoue décide de monter d’un cran et mettre enfin un peu de vitesse dans ses enchaînements. Une tête de Vorsah, sur une "galette" de Muntari frôle l’équerre du but de Landreau (30ème). John Mensah s’amuse même à une relance laser sur Boateng qui sert dans le bon tempo Gyan. Le cuir lèche encore le montant du portier breton (31ème). Et Muntari décroise trop sa tête sur un bon service d’Asamoah (39ème). L’arbitre est à deux doigts de porter le sifflet à la bouche quand Muntari, en balade tranquille au milieu de terrain, frappe des 25 mètres. Le refrain est connu : Jabulani choisit sa trajectoire et trompe Landreau (45ème).

Menés à la mi-temps, comment allait donc réagir ces Dialoued Du, pas franchement à l’aise à faire le jeu durant ces 45 premières minutes ? Ils allaient au moins se découvrir, prenant le risque de laisser quelques espaces dans leurs dos. La Bretagne allait prendre le jeu à son compte et arriva à s’approcher sans trop forcer de la surface de Kingson. Annan, bien moins en vue durant cette rencontre, ne joue plus son rôle de sentinelle et les interventions défensives ghanéennes sont approximatives. Paintsil découpe Danzé, la "victime du soir". Gourcuff se présente au coup-franc, profite aussi d’une trajectoire étrange de la balle. Kingson est surpris ou pas assez vif, c’est selon. La Bretagne vient d’égaliser (54ème).

Gyan, dangereux mais pas l’attaquant le plus efficace du monde, aurait pu dans la foulée remettre le Ghana devant au tableau d’affichage mais Plestan évite à son équipe le coup de bambou (58ème). Les deux équipes sont à la limite, KP Boateng arrive à prendre les brèches mais manquera à chaque fois de lucidité pour transformer les contres ghanéens et servir dans de bonnes conditions ses nouveaux compatriotes. La Bretagne n’est pas en reste. Gourcuff, en débordement sur la gauche, centre au deuxième poteau. Kingson sort on ne sait pas trop pourquoi et Menez, à la réception, manque le cadre, on ne sait pas trop comment (64ème). Menez, encore, butera sur Kingson, après une belle combinaison avec Féret (70ème) et Toulalan "vendengera" un contre à 4 contre 2 à la fin du temps réglementaire (82ème).

Le Ghana en est quitte pour sa deuxième prolongation, la Bretagne découvre l’exercice. Physiquement, les deux sélections sont à la ramasse, tombent comme des mouches sur chaque contact. Le débat, parfois dans sa médiocrité, est équilibré. Chaque équipe défend son bout de gras. Lors de la deuxième période de la prolongation, la Bretagne refuse le jeu et le Ghana est plus ambitieux, sous l’impulsion des nouveaux entrants puncheurs : le "sosie" de Seal, Appiah et Adiyiah. Gyan, sur une cheville, besogne toujours autant, pousse Lemoine à la faute (110ème), à un mètre d'un but contre son camp, Boateng retrouve un deuxième, voire un troisième souffle et martyrise Morel dans les derniers instants (116ème et 118ème).

La fin de match est dingue. Sur le dernier coup-franc, après un bon cafouillage aérien, Asamoah claque une tête vers le but vide. Toulalan se sacrifie et boxe le cuir sur la ligne de but. Carton rouge et penalty. Gyan se rate et "défonce" la barre transversale. L’arbitre siffle dans la foulée la fin de la prolongation. Tirs au but. Et si l’Afrique, ou le Ghana tout simplement, venait de "foutre en l’air" son entrée dans l’histoire africaine de la Coupe du Monde ?

Gourcuff, à l’aise, ouvre le bal et Gyan, taille patron, "cale" une balle en lucarne. Menez et Appiah envoient des coups de fusil. Féret joue le contre-pied. Mensah se la joue Beppe Signori, mais tire au milieu sur Landreau qui arrête la balle! Lemoine remet un peu de suspens avec une "ogive" au-dessus de la cage de Kingson. Finalement, Adiyiah se "foire". Alors, Damien Le Tallec s'avance... et qualifie la Bretagne sur une "panenka" royale.

Le Ghana et Gyan peuvent pleurer, les hôpitaux d’Accra peuvent compter les arrêts cardiaques et l’Afrique se prendre la tête à deux mains. Elle en était si près... La Bretagne revient de nulle part, comme un véritable symbole de son Histoire. A des milliers de kilomètres de là, la place Royale est en feu, Nantes et toute la Bretagne s'embrasent. Gourcuff et Toulalan, à genoux sur le terrain, pleurent sous un Gwen-ha-Du ! La Bretagne est en demi-finale de la Coupe du Monde. Un pays de 4,3 millions d’habitants ! L’Uruguay l’avait déjà fait en 1970, après deux titres mondiaux, et le Danemark est devenu champion d’Europe. Bretagne – Pays Bas, ce sera une autre histoire. Le rêve est en train de devenir réalité.

Adaptation de l'article de Ronan Boscher (in So Foot).


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